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Unsa Radio France
Articles récents

La holding, le hold up du gouvernement

25 Septembre 2019 , Rédigé par unsaradiofrance

Après des semaines de tergiversations, l’arbitrage est tombé : c’est la fusion de Radio France, France Télévisions, France Médias Monde et l’Ina.

Une petite musique désagréable venait à nos oreilles depuis la sortie du président Macron devant un parterre d’élus qualifiant l’audiovisuel public de honte de la République. Puis, la redevance TV a été la cible d’attaques comme symbole de tous les maux fiscaux.

Après la petite phrase du ministre Darmanin, nous avons eu le droit aux propos populistes de Nagui, riche tête d’affiche de France 2 et France Inter, confiant au JDD son penchant pour la suppression de cette taxe.

Il y a juste quelques jours, le gouvernement rendait un euro au contribuable dans le cadre de la loi de Finances 2020 et privait donc l’audiovisuel public de 25 millions d’euros.

Et voilà l’annonce par le ministre Riester de la holding France Médias pour début 2021, parlant d’optimisation, de nouvelles économies à venir, même si le financement de l’audiovisuel public serait pérennisé par un impôt affecté.

Le super PDG aura la main sur le budget et pourra arbitrer par exemple entre les droits de retransmission du Tour de France et une saison musicale à Radio France. Le job sera bien payé. Les dirigeants des filiales deviendront des directeurs généraux et perdront donc la main sur la stratégie de leurs entreprises. Nous subirions alors les plans d’économies en cascade venus de plus loin, malgré les réussites et les sacrifices réalisés.

Rien n’empêcherait le super PDG de créer une nouvelle filiale, France Régions, regroupant France Bleu et France 3. C’est l’annonce d’un regroupement pour mieux disloquer.

Mais il est encore temps de refuser cette logique mortifère pour la radio qui a fait tant de ravages dans l’audiovisuel public d’autres pays. A ce marché de dupes, M6 a pris la main sur RTL.

L’Unsa invite les salariés à se mobiliser contre ce projet de loi qui préfigure l’automne de la radio publique.

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Matinales France Bleu/France 3, la grande aventure

20 Mai 2019 , Rédigé par unsaradiofrance

Faut-il filmer la radio ? Le débat a malheureusement été tranché il y a quelques années par la volonté de se montrer sur les réseaux sociaux. Les studios de radio s’équipent de caméras un peu partout. Certains ont vu là l’opportunité d’alléger considérablement les coûts de production TV par la captation d’un plateau de radio. Il leur a fallu concevoir un programme adapté aux deux médias en simultané. Il s’est donc imposé des profils d’animateur et de présentateur aussi à l’aise avec l’image qu’avec le média radio. Rappelons ici une évidence : les meilleurs à la radio ne sont pas forcément faits pour la TV et vice versa. Beaucoup de professionnels refusent même cette aventure, par manque d’appétence et l’intention de préserver un bien précieux, leur image. Dans un contexte où deux stations locales ont été prises pour cibles, où les reporters et micro-baladeurs sont parfois agressés, l’anonymat devient parfois une protection dans la vie personnelle.

 

Nous savons que la collaboration entre France 3 et France Bleu est imposée par les pouvoirs publics, gouvernement et Parlement. Il nous faut éviter le désastre d’une holding où Radio France perdrait la main sur son budget et ses choix éditoriaux. En ce sens, nous pourrions nous sentir soulagés de voir pérenniser les 44 zones de diffusion du réseau, plutôt que de subir le découpage du réseau France 3. 

Il apparaît également de bon augure de contrer l’implantation de BFM en région.

 

1er écueil : parvenir à mettre en place 44 matinales télévisées sur la base du volontariat. L’Unsa veillera au strict respect du droit à l’image. Ne seront à l’image que celles et ceux qui auront cédé leur droit à l’image. Rien ne pourra être imposé. Pour celles et ceux qui entreront dans l’aventure, un accompagnement avec une formation consistante et une juste rétribution de la montée en compétence reste à négocier. Nous souhaitons obtenir une négociation sur ces deux points.

 

2eme écueil : le direct TV met en cause le recours au PAD et au faux direct parfaitement maitrisés en radio. Il est inconcevable de contraindre les Parls ou les chroniqueurs au misérable cachet à venir en direct

 

3eme écueil : le risque est bien réel que d’autres tranches de programmessoient asséchées de leurs moyens pour mettre le paquet sur la matinale.

 

 

Sur ces trois points, l’Unsa se mobilise.

 

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Ce que disent les politiques et ce qu’ils ne disent plus

25 Octobre 2018 , Rédigé par unsaradiofrance

Les responsables politiques ne montent décidément plus au créneau pour défendre ce bien commun qu’est l’audiovisuel public. 

 

Le gouvernement peut bien confirmer l’amputation de son financement public tout en laissant entendre par la voix du nouveau ministre de la Culture l’aggravation de notre impasse budgétaire avec la perte de nos ressources publicitaires, aucune réaction pour défendre le rôle capital de nos antennes et nos formations musicales.

 

Certaines déclarations outrancières, récemment celle de Monsieur Mélenchon, vont même jusqu’à stigmatiser nos rédactions, présentées comme les relais du pouvoir ! 

 

Rappelons que :

 

-   Les antennes locales jouent un rôle de lien social indispensable dans les territoires

 

-   Radio France a une place essentielle dans la vie culturelle

 

L’indépendance éditoriale de nos rédactions et nos programmes est une règle absolue

 

L’audiovisuel public est un bien précieux, nous nous battrons toujours pour le respect de son intégrité. Cela suppose le maintien de son financement, un respect total et entier de son indépendance et sa capacité à couvrir toute manifestation sans … « se faire pourrir ».

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C’qu’il est blême mon HLM

14 Octobre 2018 , Rédigé par unsaradiofrance

Quasiment tous les studios moyens seront fermés dans les prochains mois. Scandale absolu, les 105 et 106 fermeront sans que le 101 ait été refait, alors qu’il est en jachère depuis plus de dix ans ! Résultat, seul le 104 permettra de sauver quelques captations publiques au détriment des répétitions des orchestres. Quant au chœur, il reste délocalisé après un mensonge de plusieurs années : le 101 devait être dédié à ses répétitions.

 

Quand les directions de chaines cherchent des lieux de substitution à l’intérieur de la Maison de la Radio, elles se confrontent à une problématique de sécurité (flux et jauge du public) qui empêche d’exploiter, comme elles l’auraient imaginé, l’agora, la Galerie Seine ou le foyer F. Restent ces productions réalisées à l’arrache au restaurant-bar Le Bel airqui imposent des conditions de travail infernales : densité des vacations, installations qui restent à fiabiliser…

 

Il ne s’agit pas de nier la nécessité de réaliser des travaux dans les studios moyens. Mais personne n’est dupe : c’est un effet d’aubaine pour une direction qui affiche sa volonté de changer les métiers et les organisations à cause d’une dotation budgétaire en baisse constante.

 

Avec les productions dites « hors les murs », ce qui a donné lieu à l’acronyme HLM (!), la direction invente le concept d’une affectation multi-sites pour contourner le défraiement des missions : une production dans une salle en plein cœur de Paris donnerait lieu par exemple à la prise en charge des repas à hauteur de 4,50 euros… Celles et ceux qui paient un abonnement pour stationner leur véhicule sur leur lieu de travail n’auraient aucun remboursement du stationnement sur l’un de ces sites, mais la possibilité de ne plus utiliser leur véhicule en suspendant leur abonnement…

 

L’Unsa demande que cesse le mépris envers des personnels qui subissent la dégradation de leurs conditions de travail et ne cessent pourtant de répondre présents devant les difficultés inhérentes au manque d’anticipation et parfois à l’incurie de certains responsables.

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Communiqué de presse Sud et Unsa à Radio France

30 Juin 2018 , Rédigé par unsaradiofrance

PURE POSTURE ! LE COUP DU MÉPRIS.

Depuis le 21 juin dernier, les techniciennes et techniciens de reportage de Radio France sont en grève. Malgré cela la direction refuse de négocier.

Le sujet très important de la pénibilité n’est traité qu’en partie et sur des points accessoires.
Sur la politique de rémunérations, la direction avance des données tronquées, biaisées, inconsistantes, et nie l’évidence : l’iniquité de traitement et la spécificité de cette activité. Suprême injustice, elle refuse, à l’instar de ce qui se passe pour d’autres métiers, que la prise en compte d’une activité hors norme, avec des temps de travail, des risques extrêmes inhérents aux situations rencontrées sur le terrain, puisse être actée concrètement ! Cela doit passer par la mise en place d’un filet de sécurité salarial au moment de la possible reconversion des salariés concernés.

Malgré des impacts réels sur des événements importants, non diffusion ou diffusion en mode dégradé de retransmissions sportives (Coupe du Monde), de reportages documentaires ou d’actualité, de retransmissions de concerts (Olympia pour Inter et Bordeaux pour FIP), de l’anniversaire du jeu des 1000 , de la messe pour France Culture... la direction a décidé d’adopter la posture de la fermeté aveugle.

Les salariés concernés sont déterminés et légitimement en colère.
Faute de réponses appropriées la direction prend le risque d’un durcissement du conflit.
Les retransmissions des festivals d’été, du Tour de France et du 14 juillet sont clairement concernées.

La résolution équilibrée et juste de ce conflit est incontournable pour la suite.
Faute de cela Sud Radio France et l’Unsa refuseront de participer à une mascarade de discussion/négociation dans le cadre des chantiers voulus par la PDG sur l’évolution des métiers et des modes de production.

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21 juin 2018, la DRH de Radio France prive les auditeurs de France Inter de Fête de la Musique à l’Olympia

21 Juin 2018 , Rédigé par unsaradiofrance

21 juin 2018, la DRH de Radio France prive les auditeurs de plusieurs évènements : la Fête de la Musique à l’Olympia pour France Inter, la fête de la musique à Bordeaux pour FIP, la retransmission du match de la coupe du monde France – Pérou ...

Le concert organisé par et pour France Inter à l’Olympia pour la fête de la musique n’est pas diffusé à l’antenne, idem pour la soirée au Rocher de Palmer près de Bordeaux pour FIP, la retransmission de la couverture du mondial de foot fortement dégradée pour toutes les chaines du groupe.

Les Organisations Syndicales SUD Radio France et UNSA ont déposé un préavis de grève concernant les techniciennes et techniciens du son qui assurent l’ensemble des prestations techniques pour Radio France à l’extérieur de ses murs. Ces salariés assurent tout au long de l’année pour l’ensemble des chaines du groupe la prise de son des reportages d’actualité ou documentaires, émissions en direct en extérieur, l’enregistrement et la sonorisation de concerts, la couverture d’événement sportifs...

Depuis plus d’un an et demi, les représentants du personnel de ce secteur alertent, rencontrent leur direction et la DRH, exposent leurs arguments et recherchent des solutions au malaise ressenti au sein du département. En cause, les conditions de travail et la pénibilité, les iniquités de rémunération sur le métier de technicien au sein du groupe, la flexibilité et la polyvalence demandées sans contreparties, l’ajout des activités multimédia et vidéo alors que les effectifs sont en baisse.

La Direction de Radio France, par son refus depuis des mois d’aborder ces problématiques et par son refus de négocier depuis le dépôt du préavis, est aujourd’hui responsable de la grève et de l’annulation de l’événement France Inter à l’Olympia.

Les Organisations Syndicales SUD Radio France et UNSA.

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La DRH dérape

4 Avril 2018 , Rédigé par unsaradiofrance

Le dérapage n’est pas contrôlé, d’ailleurs la Direction des ressources humaines n’est plus sous contrôle.

Radio France ne peut plus s’appuyer sur une DRH en souffrance. Deux de ses

principaux cadres ont connu un burn out et ils ne reviennent pas. Le poste de délégué au

dialogue social redevient vacant après le remerciement de Philippe Gény tout juste arrivé en

novembre dernier. Tout le dialogue social est bloqué.

 

Cela s’illustre encore par la réponse à l’une de nos dernières questions DP :

« - Un texte conventionnel relève d’un accord d’entreprise ou d’une convention collective mais ne

relève pas de la loi et n’est donc pas légal au sens juridique du terme mais est « légal » au sens

courant du terme car il relève d’une norme juridique.

- Sur le fond, la réponse du mois dernier visait à rappeler la distinction entre le terme de «Cadre»

au sens de l’entreprise et le statut correspondant vis-à-vis des caisses de retraite complémentaire.

En effet, il n’est pas du ressort de Radio France de définir quelles sont les personnes concernées

par ce statut au regard des régimes de retraite complémentaire.

- Seules les catégories de personnel à compter de 6A cotisent à l’AGIRC-ARCCO (caisse des

cadres). Les cadres cités dans la question ne cotisent donc pas la caisse AGIRC. »

 

Décryptage du propos jargonnant symptomatique de la dérive à l’oeuvre : dans le Nac, un

statut de cadre aurait été défini « au sens de l’entreprise », mais ne donnerait pas de

droits à cotisation à la caisse des cadres1. Radio France ne définit pas qui est cadre et qui

ne l’est pas auprès de la caisse, de qui se moque-t-on ?

 

En ce qui concerne l’Unsa, plus que jamais, nous ne saurons nous contenter de cet

artefact du statut de cadre. Depuis notre entrée en négociations, nous préconisons la

création d’emplois qui permettent d’être reconnu à une étape de sa carrière sur un vrai

statut de cadre en définissant les compétences requises de manière objective.

 

Jean-Luc Vergne, le président par interim, a été DRH dans de grandes entreprises. Nous

attendons de son passage un bilan sur les graves dysfonctionnements qui ne feront

qu’accroître les difficultés de l’ensemble des salariés de Radio France.

Quand une DRH tousse, c’est l’entreprise qui s’enrhume.

 

1 Précisons que seuls seraient concernés les salariés embauchés à compter du 1er janvier

2017, puisque les autres salariés continuent à bénéficier de la complémentaire Ircantec,

plus favorable que l’Agirc-Arcco, conformément à la réforme de 2014 sur le périmètre des

complémentaires.

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A qui profiterait le crime ?

31 Janvier 2018 , Rédigé par unsaradiofrance

Alors que les débats font rage sur l'avenir de l'audiovisuel public et sur le mode de nomination des présidents de l'audiovisuel public, il peut-être temps, pour tout le monde, de se poser cette question :

 

A qui profiterait le crime ?

 

 

Faut-il rappeler l’extrême concentration des médias Français aux mains d'un petit nombre ?

 

 

Groupe Altice (Patrick Drahi) : Libération, l'Express, BFM, RMC...

 

Vivendi (Vincent Bolloré) : Canal Plus, CNews, C8, CStar, Radionomy group...

 

LagardèreActive (Arnaud Lagardère) Europe 1, RFM, Virgin Radio, le JDD, Mezzo

 

LVMH (Bernard Arnault) : Radio Classique, Investir, les Echos, le Parisien, Capital Finance...

 

Groupe Pinault (François-Henri Pinault) : Le Point, La Recherche, Le Magazine littéraire...

 

Bouyges (Martin Bouygues) :TF1, TMC, LCI, TV Breizh, Métronews...

 

Bertelsmann Groupe RTL : RTL, M6, W9, Capital...

 

BNP-Le monde (Xavier Niel et Matthieu Pigasse) : Le Monde, Radio Nova, Télérama, le Nouvel Obs...

 

Groupe Figaro (Serge Dassault):Le Figaro, Madame Figaro, Journal des Finances...

 

 

 

 

Radio France, 1er groupe radiophonique de France rassemble près de 15 millions d'auditeurs.

Radio France pèse sur les résultats des groupes Privés.

 

 

Radio France est un enjeu démocratique et culturel. Radio France est un enjeu de pluralité de l'information.

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Traiter les situations de harcèlement à Radio France

20 Décembre 2017 , Rédigé par unsaradiofrance

Après des années où nous avons été confrontés à la politique de l’autruche ou l’omerta, Radio France est aujourd’hui face à son obligation de mettre un terme aux agissements des harceleurs.

L’Unsa préconise de travailler sur trois axes : un plan de détection, un processus disciplinaire cadré et la mise en place d’un suivi préventif de la récidive au-delà de la sanction.

 

Plan de détection des situations de harcèlement

La mise en place d’une veille sur les accusations publiées sur les réseaux sociaux aurait pour but leur traitement exhaustif. Une enquête systématique doit permettre de distinguer les harceleurs potentiels des éventuels propos calomnieux. Une attention doit être portée à l’ensemble des victimes, CDI ou précaires, ainsi qu’à celles et ceux qui ne font pas partie de l’entreprise lorsque le responsable des faits incriminés en fait partie. Lorsque la personne mise en cause est à un niveau hiérarchique élevé, un dispositif particulier est souhaitable : le président de Radio France y engagerait sa responsabilité.

 

Procédures disciplinaires

Aujourd’hui, seules les situations où le licenciement est envisagé entrainent la tenue de la commission de discipline. Dans ce cas, le dossier est réellement instruit. Si ce n’est pas le cas, la saisie du dispositif d’écoute a pu entrainer une sanction, sans que les représentants du personnel n’aient été associés au processus.

Hors dans les situations de harcèlement, tout dossier devrait être instruit de la même façon. Nous souhaitons une association systématique des délégués du personnel au processus de sanction.

 

Suivi préventif de la récidive

Dans tous les cas, le harceleur doit être écarté de sa victime. Nous ne pouvons plus tolérer qu’une victime ne parvienne pas à faire le deuil d’une agression par le maintien de la relation professionnelle avec son auteur. Il est proprement scandaleux que la seule réponse de la DRH soit de lui proposer de postuler sur l’un des postes mis en consultation !

Mais le déplacement de l’auteur des faits ne suffit pas. Il s’agit de prévenir la récidive par la mise en place d’un cadre : organisation d’un échange hebdomadaire dans le service ou la direction d’arrivée et obligation de soins.

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Tribune : Défendre l’avenir de Radio France

11 Décembre 2017 , Rédigé par unsaradiofrance

A l’heure où des informations contradictoires sur l’avenir de l’audiovisuel public ne cessent de semer le trouble, il semble indispensable que les salariés, acteurs et auditeurs de la radio publique s’emparent de la question et ne laissent pas seuls les dirigeants et gouvernants entretenir un débat portant essentiellement sur la télévision.

 

Les réflexions sur l’audiovisuel public en cours sont avant tout budgétaires. Elles font l’objet d’un des 5 axes du ministère de la Culture dans le cadre du grand programme d’économies intitulé Action publique 2022[1] (nom de code AP 22, AP comme les deux premières lettres de l’apocalypse).

 

Ces réflexions ont été formalisées sur un powerpoint d’une quinzaine de pages qui recyclait, pour l’audiovisuel, les idées éculées de différents rapports (Sénat, Cour des comptes et bien sûr le rapport Schwartz de l’actuel directeur de cabinet de la ministre). Après la fuite de ce document dans la presse, les présidences de France Télévisions, Radio France, France Médias monde et l’Ina ont bien du mal à accorder leurs violons pour adopter une position commune. Là-dessus, le président de la République s’étend une heure durant devant la commission Culture de l’Assemblée nationale sur ce que l’audiovisuel public aurait de honteux. Il nous est rapporté que nous serions trop élitistes et coûteux là où nous défendons qualité et moyens. Oui des équipes travaillent à Radio France, bien souvent dans la précarité et pour des salaires modiques, pour assurer d’incontestables succès d’audience, tant sur le spectre hertzien que la diffusion numérique.

 

Actuellement notre financement est assuré par la redevance audiovisuelle[2] adossée à une taxe d’habitation en voie de suppression. Le nouveau modèle consisterait à généraliser cette contribution à l’ensemble des foyers plutôt que de la lier à la possession d’un poste de TV. Cette extension est à juste titre motivée par les nouveaux supports connectés : smartphones, tablettes, etc.  Le problème est que les décideurs politiques s’entêtent à confondre nos médias TV et radio dans le media global. Leur raccourci consistant à confondre radio et TV publiques, certains n’excluent pas de les réunir dans une entreprise unique. L’expérience nous a pourtant montré ailleurs que la radio dépecée de ses moyens propres en sortait toujours exsangue.

 

Radio France[3] a su préserver des programmes qui se distinguent nettement de la concurrence. Malgré une baisse continue du volume de production - notamment la prise de son musicale avec les critères de qualité que nous connaissions - notre production totalement internalisée nous permet de jouer un rôle essentiel dans la vie culturelle : production musicale, fictions, couverture de festivals, prescription (et non simple promotion) pour le cinéma, l’édition, la musique, les expositions…  La radio publique c’est une ouverture sur le monde à travers reportages et documentaires d’une richesse toujours renouvelée. C’est l’éclectisme.

 

C’est enfin le service public avec un rôle essentiel pour la vie citoyenne : l’information, le débat et le lien de proximité entretenu par les 44 radios locales.

Le projet de rapprocher, voire fusionner le réseau Bleu et France 3 est une attaque inacceptable de ce lien de proximité plus que jamais nécessaire sur le territoire. France 3 a commencé à réorganiser son réseau autour du nouveau découpage administratif. Comment imaginer un programme commun au mieux sur les périmètres de 24 locales, au pire sur 13 quand Radio France compte 44 radios locales ? Comment imaginer une couverture de Saint-Etienne, ville où France Bleu a ouvert une station en 2013, par des programmes et la matinale mis en commun à Lyon ? Ou la couverture de Bayonne, Mont-de-Marsan et Pau, trois villes où existe une station locale, par Toulouse ?

 

Une grande réforme de l’audiovisuel est annoncée. Elle intégrera la révision de la directive européenne Service des médias audiovisuels. Elle devrait modifier la gouvernance et le mode de désignation des présidents de l’audiovisuel. Enfin, elle intègrerait les conclusions de l’AP 22 connues en mars 2018.

 

Cette réforme devrait s’élaborer pendant une année. A nous, acteurs de l’audiovisuel public, de rappeler avec force nos missions et la nécessité de garantir notre indépendance, notamment par un financement stable. Parce qu’à force de nous confronter à un Etat actionnaire qui n’a de cesse de remettre en cause notre budget de fonctionnement, nos chaines sont déstabilisées. Au-delà des menaces sur nos emplois, il en va d’un enjeu démocratique majeur.

 

Nous mènerons la bataille.

 

 

 

 

 

[1] Le programme Action publique 2022 consiste à réduire significativement la dépense publique

[2] devenue Contribution à l’audiovisuel public

[3] France Inter, France Culture, France Musique, France Info, Fip, Mouv et France Bleu

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